Lavignes Bastille
La Galerie

DE LEU

Texte de Thieri FOULC

De LeuRoland De Leu est sculpteur : on connaît ses personnages en lames de bois parallèles.

Roland De Leu est peintre : on connaît ses grands arbres, dont certains n’ont même plus de tronc, juste un feuillage et son ombre, griffés sur le papier.

Dans ses Boîtes, il a mis, en plus petit format, à la fois des peintures et des sculptures, des dessins et des assemblages, des images et des objets, du plan et du volume.

A bien regarder, d’ailleurs, son travail se situe dans la tension entre plan et volume, dans le passage de l’un à l’autre, dans l’interrogation de l’un par l’autre.

Un de ses arbres se déploie sur une feuille d’or, mais celle-ci se scinde en feuilles de paravent qui se creusent et viennent en avant, sous l’arbre peint. Et juste au-dessous, dans la boîte, un dessin (plan) montre le même paravent qui feint d’être en relief devant des arbres.

Un personnage en lamelles (réelles) rime avec lui-même, dessiné.

Des personnages dessinés à l’encre de Chine, sur une feuille de papier déchirée, forment un feuillage au-dessus d’un petit tronc en bois réel, mais répondent aux personnages d’un autre dessin, figurés sous un arbre.

Les taches, les griffures, les vibrations qui composent un arbre s’évadent de leur dessin pour passer dans un autre où un autre arbre, dans son entre-deux, intègre les personnages d’une ancienne photographie.

Les plans des différents supports, ainsi, se superposent, se disent comme plans, et néanmoins se conjuguent pour que, dans l’esprit, s’articulent les imagesL’enjeu de la peinture est d’agencer ses formes et ses couleurs sur le plan pour faire naître, dans l’esprit capable d’imaginer, des objets, des êtres, des espaces qui soient-et-ne-soient-pas dans ce plan, qui acquièrent une présence imaginaire et montent sans cesse vers le spectateur.

De ce processus abstrait, la réalisation pratique est enclose dans les Boîtes de Roland De Leu.